février 2008


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” De quoi Sarkozy est-il le nom ? ” Le succès du livre d’Alain Badiou en dit plus long sur l’opinion publique que le livre lui même sur son sujet. A cette question ampoulée, la réponse tiendrait en une formule : le ” transcendantal pétainiste ” et cette formule ne tient pas.

Passons rapidement sur ce transcendantal: il faut bien perpétuer une certaine fascination chez ceux qui croient savoir que la dernière réincarnation de Pythagore donne son enseignement derrière la rue Mouffetard. Au nom de cette transcendance, une sorte de psychologie trans-historique propre aux français,  Louis XVIII et Charles X deviennent des manifestations du pétainisme! Pourquoi délacer si vite ses cothurnes : Charles le Téméraire, l’évêque Cauchon, le cardinal Mazarin ne seraient-ils pas aussi un peu pétainistes sur les bords ?

Le seul intérêt du recours au pétainisme aurait été de rendre compte de l’articulation entre une idéologie passéiste, ultra-réactionnaire, et un état ” révolutionnaire “, autoritaire et technocratique. C’est cela le fascisme à la française, le régime de Vichy. A vrai dire, Sarkozy ne colle ni avec l’un, ni avec l’autre. Mais l’analyse des nouveaux régimes néo- conservateurs pose bien une question qui est celle de ce type d’articulation : par exemple, en Italie, entre Berlusconi, Fini et la Ligue du Nord, mais aussi dans l’Amérique de Bush, ou la Russie de Poutine. Les notions historiques fantaisistes de Badiou et ses conceptions pour le moins équivoques (1) lui interdisent même de sentir le sujet.

Ce fumeux pétainisme prend la place d’autre chose. Voici un régime qui pour la première fois tend à se constituer comme gouvernement ouvert du spectacle. Il n’est pas dit qu’il réussira car il n’est pas sûr que le politique ait encore la force pour un tel rôle. En revanche il apparaît clair que, pour Sarkozy, la forme nouvelle de servitude volontaire qui conviendrait à la population passe par ce type de simulacre. L’expérience est nouvelle ; non pas que les gouvernements précédents n’aient pas eux aussi opté, plus ou moins franchement, pour la société du spectacle, mais tous tenaient à leur rôle de figurants de l’état. Pour reprendre à Badiou cette excellente formule de Lacan, non seulement le pouvoir se tient, aujourd’hui, ostensiblement, au service des biens, mais il en a le goût, qu’il affiche et veut faire partager comme le résumé de la domination. Il s’ensuit nécessairement un nouveau type de tensions, la principale inconnue étant le degré d’intelligence spontanée du spectacle que la population s’est formé, en l’absence de toute opposition politique.

C’est en 68 que la société du spectacle a rencontré ses premières critiques. Le gauchisme, c’est à dire le marxisme léninisme sous ses différentes formes, a largement contribué à la relancer, en dévoyant le mouvement démocratique et en lassant ses meilleurs éléments. Il n’est pas très étonnant que Badiou, toujours nostalgique de ce dévoiement par le communisme (2), s’ingénie de nouveau, au moment où la critique du spectacle connaît un nouvel essor, à susciter un néo-gauchisme courant derrière la fiction d’un fumeux ” transcendantal pétainiste “. 

(1) On trouve chez lui une combinaison curieuse de chauvinisme (la haine des solutions venues de l’extérieur, une histoire scandée par celle du super sujet historique que serait la France), de machisme (les allusions sur les ” prétentions génétiques ” et l’absence de courage de Sarkozy) et de vulgarité qui explique peut être sa familiarité avec le sujet.

(2) On sait que Badiou est resté fier partisan de la ” révolution culturelle ” en Chine. Ce n’est pas la Chine, c’est notre monde qui produit ces ridicules.

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AUJOURD’HUI, SUR VOS ECRANS:

L’AFFAIRE HENRI LANGLOIS

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INNOCENTS, THE DREAMERS 2002

Bernardo Bertolucci cite des images de 68, et fait rejouer à Jean Pierre Kalfon et Jean Pierre Léaud leur propre rôle. Ils lisent “l’appel des enfants de la Cinémathèque”.

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PARIS UPRISING MAY 1968

Ce documentaire américain comprend au début et à la fin de larges extraits sur l’”affaire Langlois”. (Vient apparemment du DVD américain de The Dreamers).

HENRI LANGLOIS’S GRAVE IN PARIS

Sur la tombe d’Henri Langlois.

BAISERS VOLÉS

François Truffaut tourne Baisers Volés avec Jean Pierre Léaud pendant les événements de l’affaire Langlois. Il insère au début de son film un plan sur les portes de la Cinémathèque dont des grilles interdisent l’accès. Le film, qui sort à la fin de 68, est dédié à Henri Langlois.

Le DVD de Baisers Volés comprend aussi des images de différents épisodes de l’Affaire Langlois: manifestations du Trocadéro et de la rue de Courcelles, réunion aux Cahiers du Cinéma, Assemblée générale du 23 avril qui rétablit Langlois, réouverture de la Cinémathèque (reportage d’Eisenshitz, prise de vues de Nestor Almendros). Le tout est commenté par Bernard Eisenschitz (rien sur internet).

 

Illustration de tête: Cahiers du Cinéma, mars 68, Françoise Vatel dans Les Contrebandières de Luc Moullet.
 

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Il existe une question frontalière entre l’art et le pouvoir.

Il y a quarante ans, une des deux parties cessa d’oeuvrer pour une réponse pacifique.

Après certains événements, elle fût renversée.

d’après Jean Marc Baillieu, Tchouan-Tchou, Gu Wei Jin Yong

(Le passé sert le présent)

 laisse les morts enterrer les morts

Voici la traduction (besogneuse) de quelques extraits de l’article Adventure de Totality.tv, le projet de McKenzie Wark.

Aventure

Est-ce la fin de l’aventure ? Sommes nous voués à vivre dans un monde où nos actions ne comptent pour rien, où chaque jour est semblable aux autres ? Condamnés à ne jouer que sur des terrains de jeu sécurisés, aux heures prévues pour la récréation ? A voir nos désirs d’abord contrecarrés, déformés, récupérés, nous être finalement revendus sous la forme de catalogues de voyage ou de parcs à thème ?

Reconnaître ce destin sordide et lui échapper est le premier objectif d’une théorie – et d’une pratique – situationniste.

Aucune époque n’a jamais commencé par une théorie. Les époques commencent avec un voyage, un jeu, ou une aventure. L’aventure à travers laquelle les situationnistes ont pensé le commencement de notre époque était particulièrement stimulante. Tout contester, tout défier. L’enjeu était considérable. Quelques uns devaient se perdre sur cette route, à cause du suicide, de la drogue, de la folie ou, pire, à cause d’un succès littéraire ou artistique.

Ce livre n’est pas une histoire de l’Internationale Situationniste, ni une biographie de ses principaux membres. Il ne donne pas une représentation strictement exacte de ce qu’elle a pu penser ou faire pour le meilleur (ni pour le pire). Ce livre est tourné vers le futur plus que vers le passé. Il veut libérer l’Internationale Situationniste de ses gardiens. D’autres la traitent comme un filon pour l’érudition, l’histoire de l’art, pour prendre leurs marques en politique, ou détailler sans prendre de risques leurs souvenirs pleins de ressentiment à l’égard des disparus. L’Internationale Situationniste a été embaumée par ceux là même dont elle avait prononcé l’acte de décès.

Nous nous intéressons plutôt à ce qui est toujours vivant dans la pensée et l’action situationniste. Cette critique séduisante s’est diffusée largement quoique de manière sélective : pouvons nous en visiter les ruines et en dégager quelques concepts encore vivants? Concepts qui devraient être tour à tour développés, étendus, révisés, mis à jour…appliqués ? C’est tout le projet de ce livre.(…). Son sujet, c’est la manière dont les Situationnistes peuvent informer notre façon de vivre aussi bien que notre façon de penser. Cela ne veut pas dire que les Situationnistes soient des exemples à imiter. Ils ne voulaient pas de disciples. C’est plutôt un moyen de faire retour sur certains points de passage où l’aventure peut être relancée.

Comme beaucoup de guides de voyages, ce livre décrit des terrains contrastés. A la place des montagnes et des plaines, ces terrains sont le spectacle et sa négation. Là où de nombreux guides de voyage traitent des particularités d’un lieu donné, celui ci donne les traits qualitatifs qui relient l’ensemble des espaces sous le règne du spectacle. Là où les guides de voyage branchés ne citent que les points les plus récents de loisirs et de commerce à l’intention du consommateur averti, ce livre se concentre d’abord sur des antiquités : le concept de la totalité des relations sociales, leur falsification et leur critique.

http://totality.tv/2007/10/3/about

Totality.tv est sous licence Creative Commons:

http://creativecommons.org/licenses/by-nc/3.0/
 

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McKenzie Wark, l’auteur de A Hacker Manifesto, développe Totality.tv un projet sur l’Internationale Situationniste dont nous essaierons de rendre compte.

Auteur: McKenzie Wark

Illustrations: Kevin C.Pyle

Webdesigner: Chris France

http://totality.tv/2007/10/3/about

Centre de Rétention français

Centre de rétention administrative de Cornebarrieu

Photo prise par les franciscains de Toulouse

Le Diable en France est le roman écrit par Lion Feuchtwanger à propos de son internement en 1940 par la République Française au Camp des Milles, près d’Aix.

Max Ernst qui y était aussi interné fit ce dessin, Les Apatrides

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